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Les vignerons de champagne contre-attaquent !

Baisse des ventes en France et de la clientèle de proximité, montée en puissance des grandes maisons de champagne, la situation est difficile pour les vignerons de champagne depuis quelques années.

Le nombre d’exploitations viticoles champenoises a ainsi baissé de 20 % en 10 ans et la vente de champagne de vignerons est passée dans le même temps de 100 à 87 millions de bouteilles, soit une baisse de 13 % !   

Face à cette situation inquiétante, plusieurs centaines de « petits » vignerons contre-attaquent.


Selon le  Syndicat général des vignerons (SGV), les ventes des « récoltants manipulants », qui assurent l'ensemble de la chaîne de production, du travail de la vigne à la commercialisation, et celles des coopératives sont passées de plus de 100 millions de bouteilles il y a dix ans à 87 millions aujourd'hui. En 20 ans,  20 % des structures - soit 800 installations - ont disparu » (source : Lesechos.fr du 29/03/18).

Plusieurs facteurs sont responsables de cette situation :

Le prix du foncier qui est de l’ordre de 600 000 à 1 800 000 € à l’hectare !
La complexité de gestion et la lourdeur administrative accrues pour les vignerons qui assurent la commercialisation de leur vin, les amenant à se tourner vers le seul négoce de raisins qu’ils vendent aux grandes maisons dont les besoins grandissant tendent les prix du kilo de matière première (De 1 à 10 % en 2017 suivant les crus), leur permettant d’écouler leur récolte sans effort et au meilleur prix.

Mais ce qui est alarmant c’est justement cette diminution progressive du poids des vignerons qui pesaient jusqu’ici environ un tiers de la production commercialisée leur garantissant une relative indépendance. Cet équilibre est en train de disparaître.
La coopération est une des réponses recherchées pour mutualiser les coûts, les efforts de commercialisation, le meilleur exemple étant la coopérative de Chouilly avec la marque ombrelle NICOLAS FEUILLATE qui regroupe plus de 5000 adhérents.

Mais la contre-attaque vient surtout de jeunes vignerons (souvent autour de 30 à 40 ans) talentueux, décomplexés, anglophones, ouverts sur le monde où ils se sont déplacés pendant leurs études, rompus aux réseaux sociaux et aux codes de consommation actuels.
Ces vignerons sont passés à l’agriculture responsable et au travail du terroir. Les cuvées parcellaires (issues d’une seule parcelle de vignes), très personnalisées, en bio ou biodynamie (nous en reparlerons prochainement, c’est l’étape du tout naturel qui suit « naturellement » l’étape du bio). Mais avec Internet et l’export ils raccourcissent les circuits de distribution ou vendent avec de meilleures marges, « by-passent » la grande distribution et les circuits longs, appréhendent les changements de consommation et ils connaissent mieux leurs clients.
Leur principal atout aujourd’hui reste une qualité de produit exceptionnelle, des vins de Champagne parfaitement élaborés, expressifs et fins, qui expriment non seulement leur vision, mais aussi une vision de terroir que seuls les vignerons travaillant sur leurs propres parcelles peuvent exprimer : dimension logiquement inaccessible pour les maisons qui achètent et assemblent des raisins de nombreux endroits différents.
Le résultat, des cuvées haute-couture, produites à quelques milliers (voire centaines) de bouteilles, et qui font le bonheur d’un nombre grandissant d’amateurs voulant voir au-delà de l’image et de l’étiquette.